Ce blog ne prétend rien d'autre que d'être une suite d'articles sans liens ni thématiques particulières. Il fait part de la vision d'un expatrié sur ce merveilleux pays qui l'a accueilli, essayant d'en donner une image diffèrente des clichés qu'en ont souvent ceux qui le méconnaisse. Il cherche aussi à temoigner d'une expérience personnelle qui prouve que le bonheur n'est pas une chimère...

25 janv. 2012

Le juge Garzón et les crimes franquistes

Baltazar Garzón

Lorsque je suis arrivé en Espagne, la guerre civil était pour moi un fait historique lointain entrevu rapidement à l'école et je pensais naïvement, que même si elle s'étudiait plus sérieusement dans son pays d'origine (depuis la démocratie du moins,  car il suffit de prendre un vieux livre d'école pour se rendre compte de la manipulation propagandiste sous le régime de Franco), les plaies qu'elle avait provoquées s'étaient depuis longtemps cicatrisées.
Il n'en est rien.

Loi de mémoire historique: Pardonner ne veut pas dire oublier.

Lors de la période de sortie de la dictature appelée "la transition", un pardon général a été accepté par les perdants républicains, persécutés, emprisonnés, exécutés ou exilés. Mais ce pardon n'a jamais été accompagné d'un regret, d'excuses de la part des bourreaux. Pire! Beaucoup d'entre eux ont continué a graviter dans les cercles du pouvoir ou de l'argent, car aucune réparation ne leur a été réclamée. Il suffit, lorsque l'on a vécu suffisamment longtemps en Espagne pour connaître toute les imbrications du pouvoir, de regarder les noms de nombreux hommes politiques ou hommes d'affaires, pour se rendre compte qu'une partie des bourreaux d'hier (ou leur descendants) sont encore les puissants d'aujourd'hui.
Manuel Fraga, ancien ministre de Franco et mentor du Parti Populaire (PP), mort il y a quelques jours, en est un exemple parmi tant d'autres. Il avait signé des ordres d'exécutions, il n'a jamais rendu de compte à personne.

Cette droite intransigeante, qui englobe depuis le centre jusqu'à l'extrême droite, contrôlée par quelques individus proche de l'Opus Deí, est le seul parti de droite de la Communauté Européenne à avoir refusé de signer une condamnation officielle et commune du franquisme.
Cette même droite qui s'est toujours opposée à la loi de mémoire historique promulguée par le président Zapatero, loi qui prétend justement comblé ce vide laissé lors de la transition: Ouvrir les fosses afin de donner aux victimes et à leurs familles la reconnaissance et le respect qu'elles méritent. Bien des familles à l'heure d'aujourd'hui ne savent toujours pas où se trouve le corps de leur père, de leur mère, de leur frère, emporté une nuit et exécuté d'une balle dans la nuque au bord d'un chemin et enterré là. Ils ont besoin de récupérer ce qu'il reste de ce corps pour pouvoir faire leur deuil, fermer les plaies et tourner la page.

Le juge jugé et les bourreaux impunis:

Alors, quand un magistrat courageux, connu pour sa lutte contre le terrorisme de l'E.T.A, décide de juger (symboliquement, on ne va pas déterrer Franco pour l'emprisonner) les crimes commis pas le régime de Franco (114.266 personnes entre 1936 et 1951), ce même juge qui avait pu faire condamner les crimes de la dictature chilienne, se voit attaqué par une association d'extrême droite (Manos Limpias) et jugé à son tour par la cour suprême, sous le regard complice du parti aujourd'hui au pouvoir.
Triste image que donne un pays (une partie en tout cas), incapable de regarder en face son passé pour mieux bâtir son avenir. Difficile après cela d'aller de part le monde représenter et défendre les valeurs de la démocratie.

C'est un peu le problème de bien des pays "dit" démocratiques: Donner des leçons aux autres avant de balayer devant sa porte. et la France est championne à ce jeu là.
Elle n'est pas en reste et se garderait bien de donner des leçons aux turcs et autres peuples tortionnaires: À quand des excuses et un procès symbolique pour les crimes commis lors de la colonisation et la postérieure décolonisation, en Algérie, à Madagascar ou ailleurs?
Pour l'instant, le juge Baltazar Garzón, suspendu de ses fonctions en Espagne, reconnu et plébiscité en Europe, soulève les passions et démontre que malgré les apparences, Franco n'est pas mort.

3 commentaires:

  1. Bonjour Fred,

    Heureux de rencontrer mon neveu dans la grande famille des blogspoteurs.
    Intéressant, ton point de vue sur un passé qui n'est pas mort en Espagne
    Bon courage pour la suite du blog
    Cela fait 4 ans que je m'exprime ici, sur ce qui me tient à coeur:
    http://marcelthiriet.blogspot.com/

    Plus facile de trouver du temps quand on est à la retraite...
    Hasta luego, l'artiste!
    Feliz ano a todos!

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    1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  2. Buenos dias!
    Il s'agit bien d'un lynchage médiatique
    Les tabous sont encore forts dans la pays d'Angela
    Confirmation dans cet article du Monde d'hier:
    ___http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/01/24/le-juge-garzon-devant-la-justice-pour-avoir-brise-le-tabou-du-franquisme_1633562_3214.html

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